Dr Lansana Gagny SAKHO
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CDC SÉNÉGAL, CDC-CI : deux trajectoires, un même miroir institutionnel
Gouvernance30 septembre 2026

CDC SÉNÉGAL, CDC-CI : deux trajectoires, un même miroir institutionnel

La CDC sénégalaise, créée en 2006, compte aujourd'hui huit filiales sans doctrine de portefeuille publiée ni révision législative de son mandat. En 2024, deux audits ont révélé l'échec de la gouvernance préventive. La CDC-CI, née en 2018, affiche à l'inverse un périmètre resserré, une seule filiale capitalistique et un ancrage formalisé dans l'architecture financière de l'UEMOA. Sur la gouvernance des nominations, la différence est structurante : la Côte d'Ivoire nomme en amont, dans une logique de continuité ; le Sénégal recrute en aval, en réponse à une crise consommée. Enfin, le triangle CDC-FONSIS-APIX génère des chevauchements que l'architecture ivoirienne ne connaît pas encore. Trois impératifs s'imposent : clarifier le mandat législatif, établir une doctrine explicite de gestion des filiales, et délimiter formellement les rôles entre institutions. Gouverner, c'est décider qui fait quoi et tenir à ce partage dans la durée.

ZONE UEMOA : QUAND LES MARCHES PREFERENT LES ETATS AUX  ENTREPRISES
Finances22 septembre 2026

ZONE UEMOA : QUAND LES MARCHES PREFERENT LES ETATS AUX ENTREPRISES

En Afrique de l'Ouest, les banques commerciales placent massivement leurs liquidités dans les titres souverains plutôt que de prêter aux entreprises privées. Ce phénomène l'éviction financière est le paradoxe inversé de ce qu'observe Mathilde Lemoine (Edmond de Rothschild) dans les marchés du Nord, où les investisseurs fuient désormais les États endettés pour préférer les entreprises innovantes. En zone F CFA, c'est l'inverse : les États empruntent à 8-9 % et capturent les liquidités disponibles, laissant les PME sans crédit ou à des taux prohibitifs de 14-16 %. Le cercle est vicieux moins de crédit, moins de croissance, moins de recettes fiscales, davantage d'emprunt public. Le risque est systémique : la surexposition des banques aux titres souverains crée une boucle doom défaut souverain, banques fragilisées, crise régionale UEMOA. La sortie du piège passe par trois chantiers : accès aux financements concessionnels FMI, fonds de garantie PME, et approfondissement de la BRVM. Même capitalisme. Deux résultats opposés. Ce n'est pas une fatalité.

SENEGAL : UN PAYS PAUVRE QUI SE PAIE DES PRIVILEGES DE PAYS RICHE
Economie22 septembre 2026

SENEGAL : UN PAYS PAUVRE QUI SE PAIE DES PRIVILEGES DE PAYS RICHE

Le Projet de Loi de Finances Rectificative 2026 dit tout : croissance révisée à 2,7 %, investissements coupés de 555 milliards FCFA, mais subventions énergétiques qui explosent à 790 milliards et masse salariale à 1 532 milliards. Le Sénégal scie méthodiquement la branche sur laquelle il est assis. Le benchmark est implacable : un Directeur général parapublic sénégalais perçoit 2 à 4 fois la rémunération d'un préfet de région français dans un pays au PIB 30 fois inférieur. Les professeurs d'université partent à la retraite à 80 % de leur salaire sans cotisations exceptionnelles. Les bourses étudiantes universalisées coûtent 120 milliards FCFA trois fois le budget ivoirien pour une population comparable. Les députés, gardiens du temple, commencent par se voter des véhicules à 50 millions FCFA. Pendant ce temps, les syndicats réclament des hausses et l'opinion résiste à tout ajustement. La vérité est simple : on ne peut pas distribuer une richesse qu'on ne produit pas. Le redressement commence par l'honnêteté.