
Cet article est une critique sur les discours théoriques sur la dette du Sénégal, notamment ceux prônant le refus de paiement, jugés dangereux pour la stabilité économique. Il rappelle qu’un défaut de paiement isole un pays et pénalise les plus pauvres. Il plaide pour une approche réaliste : auditer, renégocier, renforcer les ressources internes et transformer l’économie, plutôt que céder aux ruptures idéologiques. La rigueur, pas la théorie, construit les nations durables.

Le Sénégal réforme son secteur parapublic, mais la réussite exige une gouvernance modernisée. La charte ivoirienne offre un modèle opérationnel immédiatement adaptable. Le cadre sénégalais est solide, mais il manque une doctrine pratique pour structurer le dialogue État–entités. Avec une volonté politique constante et un déploiement progressif, le pays peut franchir un cap décisif vers une gouvernance plus performante.

Malgré la loi 2022‑08 et les exigences de l’OHADA, l’auditeur interne reste mal protégé dans le secteur parapublic sénégalais, souvent suspendu ou marginalisé, comme l’illustre le cas de la RTS. À l’inverse, dans les banques, l’audit interne est une fonction intouchable. Tant que l’auditeur interne restera une tête de turc, la gouvernance publique ne pourra pas atteindre la performance attendue.

La filière arachidière sénégalaise est structurellement déficitaire : subventionnée, non compétitive et prisonnière d’une logique émotionnelle. Face à la Côte d’Ivoire, qui a modernisé sa filière, le Sénégal doit rompre avec le modèle de rente, ouvrir la SONACOS au secteur privé et réorienter sa stratégie vers des filières plus rentables et adaptées au marché mondial.