
En Afrique de l'Ouest, les banques commerciales placent massivement leurs liquidités dans les titres souverains plutôt que de prêter aux entreprises privées. Ce phénomène l'éviction financière est le paradoxe inversé de ce qu'observe Mathilde Lemoine (Edmond de Rothschild) dans les marchés du Nord, où les investisseurs fuient désormais les États endettés pour préférer les entreprises innovantes. En zone F CFA, c'est l'inverse : les États empruntent à 8-9 % et capturent les liquidités disponibles, laissant les PME sans crédit ou à des taux prohibitifs de 14-16 %. Le cercle est vicieux moins de crédit, moins de croissance, moins de recettes fiscales, davantage d'emprunt public. Le risque est systémique : la surexposition des banques aux titres souverains crée une boucle doom défaut souverain, banques fragilisées, crise régionale UEMOA. La sortie du piège passe par trois chantiers : accès aux financements concessionnels FMI, fonds de garantie PME, et approfondissement de la BRVM. Même capitalisme. Deux résultats opposés. Ce n'est pas une fatalité.

L’article montre que le Code du travail 2026 du Sénégal, malgré des avancées sociales importantes, risque de fragiliser l’attractivité économique du Sénégal en alourdissant les coûts, en rigidifiant le marché du travail et en aggravant des handicaps structurels déjà existants comme l’énergie, le transport aérien, la fiscalité et la productivité. Il souligne que la Côte d’Ivoire, plus lisible et plus stable, creuse l’écart en matière d’IDE. L’auteur dénonce aussi le blocage syndical dans les secteurs essentiels, devenu un frein direct à la compétitivité. Il appelle enfin à une stratégie globale de compétitivité, combinant réformes économiques, stabilité sociale et modernisation de la régulation, pour éviter un décrochage durable du Sénégal.