
En Afrique de l'Ouest, les banques commerciales placent massivement leurs liquidités dans les titres souverains plutôt que de prêter aux entreprises privées. Ce phénomène l'éviction financière est le paradoxe inversé de ce qu'observe Mathilde Lemoine (Edmond de Rothschild) dans les marchés du Nord, où les investisseurs fuient désormais les États endettés pour préférer les entreprises innovantes. En zone F CFA, c'est l'inverse : les États empruntent à 8-9 % et capturent les liquidités disponibles, laissant les PME sans crédit ou à des taux prohibitifs de 14-16 %. Le cercle est vicieux moins de crédit, moins de croissance, moins de recettes fiscales, davantage d'emprunt public. Le risque est systémique : la surexposition des banques aux titres souverains crée une boucle doom défaut souverain, banques fragilisées, crise régionale UEMOA. La sortie du piège passe par trois chantiers : accès aux financements concessionnels FMI, fonds de garantie PME, et approfondissement de la BRVM. Même capitalisme. Deux résultats opposés. Ce n'est pas une fatalité.

Cet article est une critique sur les discours théoriques sur la dette du Sénégal, notamment ceux prônant le refus de paiement, jugés dangereux pour la stabilité économique. Il rappelle qu’un défaut de paiement isole un pays et pénalise les plus pauvres. Il plaide pour une approche réaliste : auditer, renégocier, renforcer les ressources internes et transformer l’économie, plutôt que céder aux ruptures idéologiques. La rigueur, pas la théorie, construit les nations durables.

Une décision rapide du Sénégal de conclure un programme formel avec le FMI, n'est pas une perte de souveraineté mais un acte de responsabilité nationale. Le pays fait face à une situation financière critique : dette révisée à 118,8 % du PIB, programme FMI suspendu, taux d’eurobond élevés et confiance des marchés ébranlée. Une signature du FMI restaurerait la crédibilité, rouvrirait les financements, stabiliserait la dette et renforcerait la souveraineté économique réelle du pays. Signer, c’est avancer” : un choix stratégique pour préserver la prospérité durable des Sénégalais et éviter une crise de liquidité.