Analyse les prévisions du FMI pour 2026–2031, révélant l’absence totale de pays africains parmi les quinze premières économies mondiales. Cette exclusion traduit un modèle économique fondé sur l’exportation de matières premières sans transformation locale, symbole d’un déficit de souveraineté économique. Dr Lansana Gagny Sakho oppose à cette dépendance le modèle indien et asiatique, fondé sur la souveraineté construite : industrialisation, compétitivité et stratégie de transformation. Il appelle l’Afrique à suivre cette voie par la mise en œuvre effective de la ZLECAf, portée par le secteur privé, afin de bâtir une économie souveraine fondée sur la production, la transformation et l’innovation.

La Corée du Sud, sans ressources naturelles ni aide massive, est passée en deux générations du statut de pays pauvre à la 13ᵉ économie mondiale. Son modèle repose sur quatre piliers : éducation, discipline, État stratège et industrialisation méthodique. L’Afrique, riche en ressources et en population, doit s’inspirer de cette méthode plutôt que du contexte : investir dans le capital humain, transformer ses matières premières, bâtir un État planificateur et patient. La leçon : la richesse ne se reçoit pas, elle se construit par méthode, discipline et vision à long terme.

L’Afrique doit repenser son architecture de gouvernance pour sortir de la fragmentation institutionnelle qui freine sa performance économique. La multiplication des agences et la dispersion des responsabilités affaiblissent la cohérence des politiques publiques. Seuls les pays ayant consolidé leurs structures — comme le Rwanda, le Maroc ou l’Éthiopie — montrent que la cohérence institutionnelle est un levier de souveraineté, de compétitivité et de transformation durable.

Le débat sur la gouvernance du secteur parapublic au Sénégal ne relève plus du détail administratif : il révèle une faille structurelle dans l’exercice des responsabilités publiques. Quatre ans après l’adoption de la loi 2022 08, censée consacrer l’autonomie de gestion et clarifier les rôles, les Conseils d’administration peinent encore à imposer leur autorité. L’intervention croissante des tutelles techniques, l’absence persistante des décrets d’application et la fragilité des organes délibérants traduisent une crise silencieuse de la gouvernance. Restaurer l’autorité des CA n’est plus une option : c’est une urgence pour la cohérence de l’État et la crédibilité de la réforme.

L’usage excessif du mot « souveraineté » dans le discours africain, devenu un slogan politique plutôt qu’une stratégie économique. Il montre comment cette rhétorique a parfois fragilisé des secteurs clés énergie, agriculture, transport en entretenant des modèles non compétitifs. En miroir, des pays asiatiques comme la Corée du Sud, le Vietnam et l’Indonésie ont bâti leur souveraineté sur la productivité, la discipline industrielle et la création de valeur. La conclusion est claire : l’Afrique doit passer d’une souveraineté proclamée à une souveraineté construite, fondée sur la performance, la gouvernance et l’innovation.