
L’article présente la reprise des Industries Chimiques du Sénégal (ICS) comme un enjeu majeur de souveraineté économique. La reprise envisagée par l’État serait un acte politique fort, symbole de reconquête nationale. Elle devrait s’appuyer sur une gouvernance compétente et transparente, avec une participation publique majoritaire. Au‑delà de l’industrie, cette opération renforcerait les finances publiques et incarnerait une nouvelle ère de gouvernance souveraine au Sénégal.

Le texte montre que la loi n° 2022‑08, pourtant conçue pour moderniser le secteur parapublic, reste largement inappliquée faute de décrets, laissant l’enseignement supérieur et la santé fonctionner sous des textes anciens, sans plans stratégiques, sans contrats de performance, sans contrôle interne ni audit interne. Cette absence de gouvernance moderne bloque les réformes, empêche la performance, fragilise la reddition des comptes et prive l’État d’outils fiables de pilotage. La rationalisation engagée est utile mais insuffisante : sans un véritable dispositif institutionnel de pilotage, doté d’autorité et capable d’imposer l’application des textes, aucune réforme durable n’est possible. La priorité devient donc de repositionner le pilotage stratégique du parapublic pour bâtir un système cohérent, moderne et performant.

L’interview souligne que la multiplication des agences publiques a créé « des mandats qui se recoupent » et une dispersion qui « dilue les responsabilités » . Lansana Gagny Sakho appelle à une rationalisation forte, notamment en unifiant les structures de promotion économique autour de l’Apix, et plaide pour un pilotage du parapublic placé à la Présidence ou à la Primature, estimant que l’ancrage actuel aux Finances « n’est pas une bonne option » .

L’article appelle à réformer en profondeur la gouvernance du secteur parapublic en s’inspirant de la rigueur des conseils d’administration des banques : comités spécialisés, contrôle indépendant, rôle central de l’audit interne et commissaires aux comptes réellement actifs. Il souligne les zones grises de la loi 2022‑08, la faiblesse du contrôle et l’absence d’ancrage institutionnel clair, et plaide pour une professionnalisation des administrateurs publics ainsi que la création d’une Association nationale pour structurer et moderniser la gouvernance.