
Tiré de l’ouvrage Gouverner est un Métier (L’Harmattan Sénégal, 2026), cet article démontre, à partir des expériences de l’OFOR, de l’ONAS et de l’ADEPME au Sénégal, que la performance des entreprises publiques africaines n’est pas une utopie. Elle repose sur quatre piliers : des nominations fondées sur la compétence, un pilotage rigoureux par les résultats, une redevabilité assumée envers toutes les parties prenantes et une résistance structurée à la dépendance politique. Dix recommandations opérationnelles guident dirigeants et réformateurs. La conclusion est sans ambiguïté : gouverner est un métier qui s’apprend — et l’Afrique a les hommes et les femmes pour l’exercer avec excellence.

Gouverner est un Métier (L'Harmattan-Sénégal, 2026) de Lansana Gagny Sakho pose une thèse centrale : l'Afrique n'a pas de problème de potentiel, elle a un problème de méthode. S'appuyant sur trente ans d'expérience institutionnelle OFOR, ONAS, APIX-SA l'auteur démontre que la gouvernance publique est un métier à part entière, qui s'apprend, s'évalue et se transmet. À travers sept thèmes structurants formation, emploi, entrepreneuriat, gouvernance, conseil, intelligence économique, attractivité des territoires il propose une feuille de route opérationnelle pour refonder les institutions africaines. Un legs intellectuel majeur pour la prochaine génération de dirigeants du continent.

Le rapport de la Cour des comptes est redouté comme une sanction. Deux expériences à l'OFOR et à l'ONAS prouvent le contraire. À l'OFOR, institution naissante, chaque remarque est devenue un chantier. À l'ONAS, le diagnostic sévère de 2012-2017 a déclenché une refondation complète, confirmée par le rapport de 2019. La leçon est simple : ce qui distingue un dirigeant ordinaire d'un gouvernant, c'est sa capacité à transformer la critique en énergie de réforme. Non par obligation, mais par conviction. La crédibilité d'une institution ne se mesure pas à l'absence de critiques elle se mesure à sa capacité à y répondre.

KOSMOS-PETROSEN : QUAND LA LOI 2022-08 EST CONTOURNÉE, C'EST L'INVESTISSEUR QUI PAIE L'affaire Yakaar-Teranga révèle quatre écarts documentés par rapport à la loi n°2022-08 : une annonce publique de retrait faite par réseaux sociaux avant tout acte juridique formel ; une tutelle technique découvrant la décision après coup (lettre du 1er juin 2026) ; une absence de délibération documentée du Conseil d'Administration de PETROSEN sur une créance de 55 millions de dollars ; et un Premier ministre reconnaissant lui-même que « quelqu'un s'est cru en droit de se substituer à l'État ». Pour les investisseurs pétroliers, ces quatre écarts envoient un signal précis : **instabilité contractuelle, discontinuité entre alternances, centre de décision illisible. La conclusion s'impose : la loi 2022-08 existe. Mais sans un dispositif institutionnel permanent pour la faire respecter comme le ministère du Portefeuille de l'État et la Direction générale du Secteur Parapublic en Côte d'Ivoire — elle reste un texte sans bras.

Le 10 septembre 2026, le Président Bassirou Diomaye Faye a lancé un appel à candidatures pour la direction générale de la CDC, actant la fin de la mission de Fadilou Keïta. Ce signal méritocratique mérite d'être salué et contextualisé. Car la CDC porte vingt ans de dérive institutionnelle documentée. Créée en 2006 pour protéger les dépôts, elle revendique aujourd'hui le statut d'investisseur systémique à la tête de huit filiales sans révision légale de son mandat, sans doctrine de portefeuille publiée, et avec des missions qui chevauchent celles de l'APIX et du FONSIS. En 2024, deux audits simultanés IGE et audit organisationnel ont confirmé ce que la gouvernance préventive n'avait pas su éviter. Choisir un excellent directeur général sans réformer le système, c'est placer un pilote compétent aux commandes d'un appareil mal configuré. Le recrutement ouvre une fenêtre. La réforme du mandat, la rationalisation des filiales et la clarification du triangle CDC-APIX-FONSIS détermineront si cette fenêtre conduit à une transformation durable.