Banque & PME en Afrique au Sud du Sahara l'impossible mariage

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Banque & PME en Afrique au Sud du Sahara l'impossible mariage

Banque & PME en Afrique au Sud du Sahara l'impossible mariage

J’ai tourné la question de l’accès des PME dans tous les sens sans réellement trouver la bonne réponse. Il est arrivé plusieurs fois que PME avec les quelles j’ai travaillées arrêtent leur activité par une simple insuffisance de fonds de roulement. Elles attendent d’encaisser le fruit de leurs transactions commerciales ‘pour continuer à travailler’. 

L’insuffisance de financement des PME peut en grande partie s’expliquer par trois facteurs : 

1)     Le premier est l’insuffisance de garanties ou d’autres mécanismes de prévention des risques chez les PME qui les empêche ainsi d’accéder aux crédits disponibles à des prix compétitifs. 

2)     Le deuxième concerne les capacités de gestion et d’absorption des ressources des PME africaines qui s’avèrent insuffisantes pour permettre une utilisation efficiente des financements proposés.

3)     Le troisième facteur provient de certaines caractéristiques exogènes des PME qui peuvent se révéler discriminantes pour les prêteurs. l’âge de l’entreprise (les jeunes PME reçoivent peu ou pas de financements), son lieu d’implantation (les entreprises rurales, par exemple, n’ont qu’un accès limité aux financements). 

En réalité l’histoire des rapports entre banques et PME sur le continent ressemble fort à celle des vieux couples qui se font des reproches incessants. Comme souvent dans ces cas, les torts sont en réalité partagés. Face à cette quadrature du cercle, quelles sont les principales responsabilités qui pourraient être honnêtement imputées à chacun des ‘partenaires obligés’ ?

Certainsaspects dans la structuration des PME constituent une préoccupation prédominante des Banques. La faiblesse généralisée des fonds propres des PME apparaît comme le premier d’entre eux. Cette faiblesse s’explique à la fois par les réticences des promoteurs à rechercher d’autres actionnaires, la rareté des trésoreries disponibles, les sous-évaluations fréquentes des coûts de fonctionnement et d’investissement dans les budgets, ainsi que la sous-estimation du capital nécessaire pour réaliser le chiffre d’affaires envisagé. L’insuffisance d’organisation des PME, notamment en ce qui concerne les ressources humaines, la comptabilité, et les fonctions de contrôle constituent également un énorme dysfonctionnement qui préoccupe les banques. 

Du côté des banques, il faut reconnaître une insuffisance majeure relative à la faiblesse du suivi des concours mis en place pour les PME. Les PME étant peu enclines à donner une vraie place de conseiller à leurs banquiers, ceux-ci devraient prendre systématiquement l’initiative. Or, ce rôle demeure mal assumé. Cela crée un cercle vicieux dans la mesure où cette insuffisance de suivi est précisément à l’origine de la dégradation de nombreux dossiers, ce qui renforce alors l’aversion des banques aux PME. Il y a une seconde insuffisance des banques qui est due à une  pénurie de cadres ayant une expérience approfondie de la gestion des dossiers de financement des PME. 

Les banques souffrent également d’une pénurie de départements spécialisés sur les PME, d’un manque de procédures bien adaptées à la modestie des informations financières et des quelques indicateurs de suivi disponibles, d’une faible capacité d’innovation en ce qui concerne les garanties acceptables et de l’inexistence de formations spécifiques au financement des PME pour les analystes de crédit et les chargés de clientèle. Sous l’effet conjugué de ces divers facteurs, les PME ne trouvent pas auprès des banques l’appui qu’elles recherchent. 

Il y a en réalité un troisième acteur qui est sensé être le régulateur, le pilier du système, le régulateur il s’agit de l’environnement judiciaire des nos états. Tant que l’on pourra se permettre de ‘flouer’ les institutions financières sans être inquiété les PME vont continuer à être livrées pieds & mains liées aux institutions dites de micro finance à taux usuraires. C’est la responsabilité de nos Etats de mettre en place un cadre macro économique qui sécurisent tous les investisseurs. Cette condition est un préalable. 

Les pays africains dépensent chaque années des centaines de millions de dollars avec le concours des ‘partenaires au développement’ pour soutenir les PME sans réellement apporter de solutions à la véritable problématique de ces organisations. Tant que le taux de décaissement restera le seul baromètre de ces programmes Il ne serait pas exagéré de parler gâchis. Dans un environnement où se donner bonne conscience semble être le standard, nous sommes partis pour des années de ‘sur place’. 

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